Témoignages

- Témoignage Mylène (version imprimable)

« Énervement, excitation, peur, angoisse, tristesse, sentiment d’accomplissement, hâte…. Cette journée fut le jour « J » pour quatre jeunes filles. Elles quittent le Belvédère – la ressource d’hébergement gérée par Vallée-Jeunesse - le coeur rempli d’émotions. Elles quittent leur vie quotidienne pour une expérience hors de l’ordinaire. Elles partent à la découverte de nouvelle culture, de nouvelles gens, de nouvelles habiletés culinaires, elles partent à la découverte d’un nouveau pays; la Belgique. Pourquoi pas un stage outre-mer ! Durant 16 jours, les filles ont su faire preuve d’une belle maturité, d’entraide, de discipline ainsi que de diplomatie. Grâce à ces dispositions, elles ont gardé l’harmonie tout au long du voyage. Elles ont pu profiter de l’ambiance chaleureuse de la charmante ville de Mons. Le côté sociable des gens leur ont permis de faire de belles connaissances. Lors des stages, elles ont développé une amitié avec les autres stagiaires belges. Elles ont aussi pu prendre conscience des différentes exigences et des règles qui prévalent dans les cuisines belges; qui sont du reste beaucoup plus sévères. À Bruges, elles ont pu découvrir la dentelle ainsi que les charmants canaux. À certains endroits, elles auraient pu facilement se penser à Venise. Toutes ces petites maisons dont les portes adonnent directement sur les canaux ; c’est super ! C’est un paysage magnifique et romantique! Elles ont aussi pu profiter de la Grande Place. C’était féérique, chaque petite boutique et restaurant arborait des décorations de Noël, tout illuminées. C’est à Bruxelles qu’elles ont pu satisfaire leur curiosité en allant voir le fameux « Mannequin Pis » ainsi que la superbe fontaine de chocolat! Ouf. Chaque ville a son charme! Mais chacune d’entre elles possède le chocolat, le fromage, le pain, la bière… La bouffe est en général excellente! Heureusement que tout au long du voyage la marche fut un excellent moyen de transport! Quoi de mieux pour clôturer ce voyage que d’admirer Paris du haut de la Tour Eiffel. Bravo à Casandra, Kim, Pat C et Pat G, vous avez accompli un très bel objectif et avez su profiter de la chance qui vous a souri. »

- Mylène

 

 

- Témoignage Karine (version imprimable)

« Je m’appelle Karine et j’ai 15 ans. En septembre 2005, je commençais ma troisième année au secondaire, mais disons que ça ne s'est pas passé comme je l’imaginais. J’avais vécu le meilleur été, avec le gars que j’aimais le plus au monde. Mais malheureusement, ça a tourné en peine  l’amour. Je devais donc commencer l’école dans de mauvaises conditions et je me suis rebellée et j’ai commencé à envoyer chier mes profs, à fumer du pot à l’école, à m’absenter, disons plutôt à aller à moins d’un cours par jour. Dans le fond, je faisais tout pour me mettre dans le trouble. J’ai été renvoyée à plusieurs reprises mais la dernière fois, au début février, ils m’ont dit que j’étais encore une fois renvoyée; je leur ai répondu que je lâchais. Pendant un mois et demi, je ne suis pas allée à l’école, je n'avais aucune motivation et je comptais seulement recommencer l’année prochaine. Ma mère voulait à tout prix que je retourne à l’école. Je lui ai dit oui pour la faire taire. Je voulais appliquer à Mont-Bleu mais ils ne voulaient pas de cas problème comme moi. Je me suis donc retrouvée à Vallée- Jeunesse et aujourd’hui, je suis fière de moi car je progresse assez bien, je ne fume plus à l'école et je suis très motivée à passer mon année. Une chance que le prof et les intervenantes sont là, car ils sont de très bons travailleurs. »

Pour nous, Karine est l’image parfaite de la détermination. Elle s’est reprise en main et elle sait ce qu’elle veut. Très discrète, elle fait son chemin et demande notre aide lorsqu’elle en a besoin. On souhaite tous que Karine poursuivre sa scolarisation afin qu’elle termine son secondaire 4 et qu’elle puisse s’inscrire en coiffure. À moins qu’elle ne change d’idée et qu’elle se dirige vers un autre métier, c’est à elle de décider.

 

- Témoignage Mathieu (version imprimable)

« Je m’appelle Mathieu et j’ai 16 ans. Durant ma deuxième année de Secondaire (2004-2005), j’ai eu beaucoup de problèmes autant avec mes enseignants qu’avec mon directeur. Étant donné que j’étais étiqueté en première secondaire (2003-2004) mes enseignants me faisaient la vie un peu plus dure. Donc, je me suis complètement rebellé. J’ai manqué beaucoup de cours car j’allais consommer du « pot » et quand j’étais en classe, je ne travaillais pas et j’envoyais promener mes profs. Heureusement, le directeur ainsi que l’éducatrice, m’ont référé à Vallée-Jeunesse. Disons qu’au début de cette « aventure », je n’aurais pas dit «heureusement » mais la vie en a fait autrement. Au début de mon séjour, je me suis mis en confiance avec les intervenantes et l’enseignante. Je dois préciser que j’ai eu l’occasion d’être entouré de femmes d’expériences et qui vont tout droit au but. La vie n’a pas toujours été drôle à Vallée-Jeunesse, car lorsque ça n’allait pas, elles le savaient et allaient gratter le « petit tiroir » au fond de notre coeur pour aller voir ce qui se passe. Je n’ai pas eu de difficultés à m’adapter, car ces gens m’ont mis en confiance dès que j’y ai mis les pieds. Il y a eu quelques événements dont j’aurais pu me passer lors de mon passage mais je dois me dire que si cela était dû pour arriver, il fallait que ça arrive. Après quelques temps durant mon séjour, je me suis aperçu que c’était là le moment pour changer, qu’après cela, je n’aurais plus d’autres chances de me rattraper. Donc, je me suis enfin pris en main, j’ai arrêté ma consommation de drogues et je me suis motivé avec la photo de mon idole sur mon bureau qui me dit « Lâche pas ! ». Lorsqu’il a été temps de quitter Vallée-Jeunesse, je ne voulais vraiment plus, car les liens que j’avais créés avec les intervenantes et l’enseignante étaient tellement forts que je n’arrivais pas à me faire à l’idée qu’après tout ce que j’avais traversé, elles ne seraient plus là en arrière de moi pour me supporter et m’encourager. Elles m’ont fait comprendre que si elles me retournaient à l’école, c’est que j’avais compris quelque chose et que je n’avais plus besoin de leurs services. Donc, je suis parti avec un fier sourire et une estime de moi trois fois plus grande que lorsque j’étais arrivé. Maintenant, je peux fièrement dire que j’ai été à Vallée-Jeunesse, et mes notes ainsi que ma concentration à l’école se sont beaucoup améliorées. Ce que j’ai retenu de cette expérience est vraiment simple; lorsqu’il y a quelque chose qui se passe dans notre vie, il ne faut pas le garder en dedans de nous, juste en parler peut faire une différence extraordinaire. La gang peut dire Mission Accomplie dans mon cas ».

Mathieu est notre raison d’être et c’est pour lui que nous oeuvrons. Des milliers de jeunes comme lui ont reçu le support de Vallée-Jeunesse depuis presque 11 ans. Rappelons-nous que le fait de ne plus fréquenter l’école à 14 ans n’entraîne plus seulement une destinée de pauvreté … mais bien de misère !

- Témoignage Éric (version imprimable)

Éric, 14 ans, vit un drame important dans sa famille. Ses parents se tiraillent et finissent par lui annoncer leur séparation. Dès lors s’enclenche une procédure de division des biens, des « symboles familiaux », division qui entraînent des lourdeurs émotionnelles, des éléments « difficiles à vivre », d’autant plus qu’Éric, en pleine crise d’adolescence, éprouve déjà certaines difficultés disciplinaires à l’école. D’ailleurs, il réagit très mal à cette situation et adopte une attitude de révolte. Sa famille s’effondre et, progressivement, il deviendra incompatible, par ses attitudes et ses comportements, à la vie scolaire que lui propose son école. Entre les chicanes de plus en plus intenses de ses parents s’organisent des réunions à l’école où ses comportements sont dénoncés et font l’objet de stratégies disciplinaires et psychosociales internes. Un échec se prépare. Il consomme de la drogue et fréquente un groupe de jeunes avec qui il s’adonne à des activités de moins en moins recommandables. Un bon matin, en janvier, il est suspendu de l’école pour quelques jours! On lui donne une chance, puis une autre chance… jusqu’au point où on décide de ne plus l’intégrer dans son programme scolaire, à moins qu’il s’amende et réussisse à accepter les règles disciplinaires. Ayant obtenu son secondaire 1 avec des notes très faibles, on prévoit déjà qu’il échouera son secondaire II. Au début de février, la direction de l’école décide de le suspendre pour une longue période car Éric manifeste trop de turbulence et ne peut réussir à s’intégrer ; suspension qui correspond à la date de séparation officielle de ses parents. C’est à ce moment qu’intervient Vallée-Jeunesse, en collaboration avec l’école, pour offrir à un jeune comme Éric une dernière chance. À Vallée-Jeunesse, il sera accueilli par du personnel compétent, disposé à lui offrir une aide psychosociale adaptée à ses besoins, tout en lui permettant de poursuivre son cheminement scolaire pour un, deux ou trois mois, peut-être même jusqu’en fin d’année, sous l’accompagnement d’un enseignant reconnu. Ses parents recevront aussi du support pour mettre en plan une nouvelle approche de support et d’accompagnement pour leur fils, étant nouvellement séparés. Éric pourra de la sorte apprendre à vivre avec cette nouvelle réalité, se stabiliser et envisager un retour à l’école pour y terminer son année et, peut-être, pour la réussir.

Encourager le développement et la consolidation des programmes offerts par Vallée-Jeunesse, c’est offrir une chance de plus à des jeunes qui, autrement, n’auraient d’autre avenir que celui de la rue et… du décrochage social.